Tuesday, November 27, 2012

LU POUR VOUS


Le Général Amisi Tango Four dansait un drôle de « tango ».

Le président Joseph Kabila a nommé vendredi passé 23 novembre le Général Olenga chef d’Etat major des forces terrestres intérimaire de la RDC en remplacement du général Amisi dit Tango Four suspendu la veille.
Le général Amisi est accusé par un rapport des Nations unies de vendre des armes à des groupes armés actifs dans l’Est de la RDC.
Le chef d'état-major de l'armée de terre, ancien rebelle, est d'abord accusé de contrôler un réseau de distribution de munitions de chasse à des braconniers et à des groupes armés, dont les Raia Mutomboki, alliés au M23, selon les experts onusiens. Le général Gabriel Amisi, du nom de code « Tango Four », est également accusé d'avoir fourni 300 fusils d'assaut AK-47 au groupe Nyatura, qui sévit également dans l'Est de la RDC. Selon l'ONU, l'acheminement et la distribution des armes et munitions se fait en famille. 
Déjà dans son discours d’investiture, prononcé le 26 janvier 2001, «Joseph Kabila» avait pourtant pris l’"engagement" de transformer l’armée nationale en «une armée moderne, forte, bien équipée» et «capable de défendre la nation en toutes circonstances». 
Mais aujourd’hui, 12 ans après ces belles paroles, les militaires congolais ne sont pas motivés faute de formation, de commandement efficient ainsi que des conditions sociales dignes d’une armée moderne impliquant le salaire, le logement, la nourriture et les soins médicaux. Il est "criminel" d’envoyer au front des militaires qui ignorent la cause pour laquelle ils se battent. 
L'une des causes de l'insécurité des nations, de la megestion, des conflits et des guerres dans les pays du Tiers-Monde, c'est la faillite de l'Etat. Au fond, depuis quelques décennies déjà, l'Etat congolais a cessé virtuellement d'exister. Réduit à l'impuissance pour longtemps, il n'est plus capable de protéger le territoire national et d'assurer l'ordre public en son sein. 
Il y a également l'émergence d'une culture maffieuse, au sommet de l'Etat. Les ministres, les militaires et autres fonctionnaires se sont investis dans le commerce illicite. Des billets de banque sont imprimés et importés dans le pays, des munitions militaires vendues, de biens de l'Etat appropriés aux individus membres du gouvernement. 
En République démocratique du Congo, la réforme du secteur de la sécurité fait toujours office de véritable serpent de mer. Tout le monde en parle, tout le monde promet la réforme, mais rien ne bouge… ou presque. Depuis plus de 15 ans, le pays est ravagé par des conflits successifs. Encore aujourd'hui, une quinzaine de groupes armés terrorisent les populations du Nord et de l'Est de la République Démocratique du Congo. Désorganisés, mal formés, mal payés, les militaires congolais (FARDC) sont dans l'incapacité de rétablir la sécurité dans ces zones. Ces troupes vieillissantes et non-formées à 70% se retrouvent également accusées des pires atrocités : pillages, viols, meurtres… Résultat : 1,7 million de Congolais sont déplacés dans leur propre pays et 500.000 se sont réfugiés dans les pays voisins.
De maigres efforts ont été réalisés par les autorités congolaises, appuyés par la communauté internationale. Les bailleurs et les pays donateurs de la RDC devraient faire preuve d’exigence quant à l’utilisation des montants de l’aide dédiée à la RDC, soit plus de 15 milliards de dollars US entre 2006 et 2011 et conditionner leur aide, par exemple, au respect des Droits de l'homme au sein de l'armée congolaise.

Mais bon Dieu de Bon sang, pour quelles raisons l'armée congolaise est-elle incapable d'assurer la sécurité des populations civils et de contrôler son territoire ?

Nous pensons quant à nous, qu’Il y a des problèmes essentiellement structurels, d'organisation mais il y a surtout un problème éthique. Le cas du Général Amisi est la démontre amplement. Il y a pourtant eu des efforts faits pour une réforme du secteur de la sécurité, notamment sous l'impulsion de la communauté internationale. Le programme de l'Union européenne, EUSEC, est intervenu sur le recensement en réalisant un fichier pratiquement complet des effectifs et un suivi de la chaîne de paiement des salaires et de commandement. Mais ces efforts se sont révélés limités car il n'y avait pas de plan stratégique, ni de vision globale de la réforme de l'armée. Le processus de "brassage" et de "mixage" pour obtenir une armée réellement unifiée, n'a pas pu aboutir. 
Nous parlons d'éthique parce qu'il y a des choses qui se passent en dessous de table. Il y a notamment un certain nombre d'officiers qui tirent profit du contrôle des régions qu'ils dirigent. Un rapport des Nations-Unies a fait état de l'exploitation illégale des richesses dans ces régions. C'est d'ailleurs pour cela qu'il y a une persistance de l'insécurité dans ces territoires.

Le faible salaire des militaires congolais, voire l'absence totale de solde dans certains cas explique le pillage des ressources naturelles (minerais, or, diamant) par l'armée régulière 
C'est pour cela que nous parlons ici d'éthique de responsabilité. Le plus souvent, Kinshasa est doté d'un budget, mais pour que cet argent arrive au soldat en bas de l'échelle, il y a des problèmes. C'est ce qu'on appelle des décaissements frauduleux. Certains officiers gardent une partie de la solde qui devait revenir aux soldats. La solde est déjà modique mais souvent le problème se situe dans l'acheminement de la solde.

Le manque d'argent n'est pas le principal problème. C'est plutôt la redistribution qui pose un réel problème dans la gouvernance sécuritaire. L'argent n'est pas en soi le vrai problème. Le problème, ce sont les détournements. Il faut que la redistribution s'améliore. Des officiers se font construire de gros immeubles, roulent carrosse et entretiennent un nombre immodéré de maîtresses.

Des experts militaires estiment que les effectifs de l'armée congolaise sont trop nombreux par rapport au budget dont dispose l'Etat. Il y a 130.000 hommes au sein des FARDC, certains spécialistes pensent qu'avec 70.000 hommes mieux payés, la situation serait meilleure Faire une vraie réforme est vraiment urgent et nécessaire. Et cette réforme en fait n'a pas jamais commencé. La preuve : l'insécurité est encore persistante à l'Est du pays. Faire un recensement des effectifs, ce n'est pas une réforme. Donner une carte aux militaires, ce n'est pas une réforme…

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Monday, November 26, 2012

EN DIRECT DE L'EST DU CONGO



25/11/2012 à 15h:58 Par AFP
Des rebelles du M23 traversent en jubilant le camp de réfugiés de Mugunga, le 24 novembre 2012.Des rebelles du M23 traversent en jubilant le camp de réfugiés de Mugunga, le 24 novembre 2012.© AFP
Les efforts diplomatiques s'accentuent pour une sortie de crise en RD Congo, où les rebelles du M23 sont pressés par l'Union africaine de quitter Goma, principale ville de l'est, alors que le chef du M23 espérait dimanche une nouvelle rencontre avec le président congolais Joseph Kabila.
Le chef politique du Mouvement du 23 mars (M23), Jean-Marie Runiga, a expliqué que de nouveaux pourparlers avec M. Kabila étaient prévus dimanche à Kampala, après une première entrevue samedi, en marge d'un sommet régional de chefs d'Etats africains dans la capitale ougandaise. La tenue de ces pourparlers n'a pas pu être confirmée.
Dimanche, l'Union africaine (UA) a appelé le M23 à se conformer aux décisions du sommet de Kampala d'arrêter les hostilités et de se retirer avant mardi de Goma, la capitale de la riche province minière du Nord-Kivu (est). Le M23 doit prendre "instamment les mesures appropriées, en accord avec les décision de Kampala", a déclaré dans un communiqué la présidente de la commission de l'UA, Nkosazana Dlamini Zuma. Elle a également salué "l'engagement du gouvernement de la RDC à écouter, évaluer et prendre en compte toute revendication légitime du M23". "Le sommet (...) a dressé un plan en dix points qui prévoit le retrait immédiat des éléments du M23 de tous les endroits qu'ils ont récemment occupés ainsi que l'établisssement d'arrangements de sécurité pour suivre la situation sur le terrain", ajoute le communiqué de l'UA. La déclaration finale du sommet demande aux rebelles de se retirer au moins à 20 km au nord de Goma - soit un retour à leurs positions d'avant la prise de la capitale du Nord-Kivu.
Les chefs d'Etats de la région - membres de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL), qui compte 11 pays - ont laissé samedi deux jours aux rebelles pour quitter Goma. Mais le chef du M23 Jean-Marie Runiga a bien spécifié que leur retrait conditionné par des négociations "directes" avec Joseph Kabila. Il a ajouté que la rébellion se défendrait en cas d'attaque de l'armée régulière congolaise.
Le soutien du Rwanda et de l'Ouganda toujours en question
Dimanche à Goma, les rebelles étaient toujours présents et la présence des soldats de la Mission de l'ONU pour la stabilisation de la RDC (Monusco) - qui appuie l'armée congolaise contre les rebelles - était plus importante dans les rues que les jours précédents, ont constaté des journalistes de l'AFP.
Un diplomate occidental dans la région a déclaré que le président ougandais Yoweri Museveni avait accepté de rencontrer directement le chef militaire du M23 Sultani Makenga. Cette information n'a pas pu être confirmée dans l'immédiat par la présidence ougandaise ou le M23. Le président du Congo Denis Sassou Nguesso, arrivé samedi à Kigali pour une visite de deux jours, a rencontré son homologue Paul Kagame, qui n'a pas assisté au sommet de Kampala de samedi.
Le président rwandais Paul Kagame et son homologue du Congo-Brazzaville Denis Sassou Nguesso ont appelé dimanche le gouvernement de Kinshasa et les rebelles du M23 à appliquer les décisions prises la veille lors du sommet de Kampala. Les présidents Kagame et Sassou "invitent le gouvernement de la RDC et le M23 à mettre en oeuvre les conclusions de Kampala qui représentent une bonne base pour le réglement de ce conflit", selon les termes d'un communiqué publié par le gouvernement de Kigali.
Paul Kagame a toujours rejeté les accusations de Kinshasa et aussi d'experts de l'ONU affirmant que son pays soutient -- et dirige -- le M23, qui compte dans ses rangs principalement des Congolais d'ethnie tutsi, au pouvoir au Rwanda. Bien que Yoweri Museveni joue un rôle de médiateur depuis ces derniers jours et qu'il ait accueilli le sommet de samedi, les experts de l'ONU ont également accusé son pays de soutenir les rebelles, ce que Kampala dément.
Nkosazana Dlamini Zuma a réitéré la "profonde inquiétude" de l'Union africaine quant à "l'aggravation de la situation humanitaire sur le terrain et aux exactions commises contre les populations civiles", indique le communiqué sde l'UA. Les agences humanitaires craignent que ce dernier développement donne le coup d'envoi d'un autre conflit régional, après de précédents qui ont éclaté en 1996 et 2002.
Le M23 est composé d'anciens rebelles qui, après avoir été intégrés en 2009 dans l'armée, se sont mutinés en avril dernier et combattent depuis l'armée régulière dans la région du Kivu. Ils estiment que Kinshasa n'a pas pleinement appliqué l'accord, ce que dément le gouvernement congolais.


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